Sers moi un martini, Chéri . Ce soir j’ai envie qu’on évoque les souvenirs. Un en particulier. Celui qui a été le déclencheur , signe du revirement de situation qui me met maintenant dans cette position de faiblesse par rapport à toi.
On ne s’était pas vus depuis des lustres. Tu m’avais écrit d’inombrables courriers cette année-là, parfois au détriment du bon sens postés ça et là selon tes possibilités. Et moi de mon côté avais fait la morte, tétanisée par tes messages, par mon indécision légendaire face à ce que je ressentais pour toi. Encore…
Et là on se revoyais. Tu portais la barbe et quelques kilos en trop qui t’allaient plutôt bien. La barbe c’est sûr parce que depuis quelques temps je suivais des yeux ces trentaires barbus avec avidité pendant que les copines me regardaient d’un air moqueur ( le gout des trentenaires est-il si pathétique?)
En te voyant, mon sang n’a fait qu’un tour. La barbe? non. enfin oui mais pas que ça. Tout tout m’est revenu d’un coup. Ces folies faites pour moi, ces mements ou l’on se croisait dans un faux hasard. Ces balades, ces visites de musées, ces discussions qu’on a plus eues depuis des lustres et dont je n’ai jamais retrouvé l’essence depuis. Tout. Comme un souffle. Et c’est dans un souffle que j’ai passé cette soirée. Toi avec une autre, toi dans un autre univers, toi loin. Je ne peux même plus analyser 6 mois après quel sentiment m’a pris : un vrai coup de froudre ou un nouveau “revirement”. Je n’aurais jamais du tappeler deux jours après comme une hystérique. Je n’aurais jamais dû me rabaisser à ça. La dernière barrière peut-être qui te liait à moi alors s’est rompue. Tu as réussi à faire le pas. A dire que ce que tu ressentais, tu ne savais plus. que ton coeur était convalescent d’une autre. …