ELLE A LUI
BOnjour,
D’abord, milles excuses : je déroge de nouveau a la regle que
je m’étais fixée : ne pas te contacter avant un moment. Et puis
ne plus le faire via internet. Mais faut croire que je suis une
irréductible ou une trouillarde. Et puis, j’avais envie de te voir. Mais passer à
Belleu sera difficile pour moi dans la mesure ou je
n’arriverais surement pas a exprimer vraiment ce que je
voudrais parce que je ne suis pas si forte que je voudrais le
croire. Et puis je ne veux plus arriver comme un cheveu sur la
soupe comme la dernière fois et sentir d’office que c’était pas
la bonne idée.
Et puis tu es crevé des nuits sans repos, de ces 9h de marche
et d’autres choses certainement.
Anyway, j’ai recherché la liste du carnet chabadabada. J’avais
gardé une copie pour moi. Impossible d’ouvrir tous mes
cartons et surtout impossible de remettre la main dessus. Je
l’ai rangée trop précieusement. A la place, j’ai relu tes
courriers. Ceux du chemin de st Jacques, de la Corse et les
mails du Périgord.
et ce carnet que tu as rédigé lors de ton premier séjour en
Guyane.
Je devrais être en train de m’acharner sur les 50 pages de
tests divers et de questions que je dois pondre pour mon bilan
de compétences mais de nouveau je cogite. Après une petite
semaine d’accalmie,tout fuse a nouveau dans ma tête. Les
théories diverses d’homme partiel, de timing et d’amour soudain
(et mes arguments pour les contrer et les expliquer)
s’entrechoquent avec les silhouettes fugaces (que j’imagine) de
toutes ces filles que tu as croisées, avec mes envies de voyage
, de refaire le monde, mes projets si chers dans ces heures pas
faciles de retour à la maison, mes images flash des moments avec toi, mes
souvenirs de baisers, de nuque effleurée, et j’en passe…
Je n’ai pas eu la présence d’esprit de relire ces courriers
avant de te revoir.
Les derniers mails du moins.
Ca aurait pourtant été salvateur.
J’aurais réagis autrement.
Je me suis emballée.
Et si je suis “partie en vrille” (aucune autre expression ne me
vient en tete), c’est que j’ai ce besoin d’être rassurée avant
de me lancer et de me donner. Enfin je crois. Effectivement,
j’y ai trop mis d’enjeux de suite. Sans les vouloir si
soudainement bien sur. Je sais pourtant que c’est en faisant un
pas et puis l’autre que les choses se font.
On peut mettre ça sur la fougue de ma novicité ou sur une folie
quelconque.
Le fait est là que mes déclarations étaient malvenues. sincères
mais malvenues.
et que je m’y prend toujours comme un manche.
et que j’aurais beau t’expliquer ” l’homme partiel, le timing
et cet amour qui apparait”, je ne pense pas que je te
convainquerais mieux que si on vivait les choses simplement
mais qu’on les vivait.
T’aurais-je trop vite secoué? mal?
je crois que je m’y serais prise d’une autre façon, cela aurait
peut-être été moindre mais l’issue cerainement identique.
On dirait que tu ne veux pas.Tu ne veux pas vivre quelque chose
avec moi, te lâcher.
Et moi, je me lâche mais ça part dans tous les sens.
tu es là sans l’être. Tu semblais heureux pourtant d’être avec
moi.
une carapace?!
Torturé?!
Peut-être ne veux tu pas te donner la possibilité de te sentir
vraiment bien.
Tu me parlais il y a 6 mois de ton coeur convalescent, de ce
nous auquel tu ne croyais plus.
Est-ce encore le cas?!
es-tu dans l’incertitude sur ce que tu ressens pour moi?!
Ca m’est super douloureux d’écrire ca et d’imaginer que je ne
sois plus rien à tes yeux qu’un élément du passé, une
éventuelle amie” (et “encore!) mais je ne peux pas rester dans
cet état.
Et tous les changements du monde (retrouver un boulot, renouer
avec les amis, partir en vacances, reprendre un tas
d’ctivités) dans ma vie ne feront rien à ça.
Je ne peux pas me passer de toi et j’ai envie de toi.
Tes théories d’homme partiel, de convalescence du coeur n’y
changeront rien non plus. C’est toi et avec toi que je veux
vivre mes petits moments de bonheur.
Je sais que pour le moment, ce n’est pas la meilleure idée du
monde mais qui sait.
Le coeur a ses raisons que la raison ne connait pas…
et si cette lettre ne te décroche d’abord qu’une lassitude face
aux lignes rédigées, puis de vagues sourires de vieille
complicité et ensuite une sourde pitié ou tristesse, dis le moi
sur le champs et je disparaitrais.
je pense a toi
