ELLE a LUI
j’ai pas encore ouvert tes courriers que je viens de recevoir. J’ai peur de ce qu’il y a d’écrit : que tu me rejettes, épuisé d’attendre, de mes manières, de ce jeu que je tiens, du discours que je tiens ou que tu me dises que tu arrives.
Je crois que j’aurais plus peur de la première version que de la seconde. car je t’attends. Je m’attends à ce que tu débarques un soir, que je rentre du boulot et que tu sois là.
Comment je réagirais? euh brusquement comme à mon habitude mais peut-être soulagée de cette tension qui s’apèse et heureuse de te voir. Ce qu’il adviendrait de cette venue? Aucune idée mais que du positif puisque ce statu quo me tourmente et me pèse. Je sais que je ne fais rien, mais l’attente est si facile et puis je me dis que ce temps loin d’un coté et de l’autre nous fera mieux nous retrouver. Bref toujours le même point.
J’ai vu un extrait hier, d’un film que j’ai raté mais que j’aurais aimé voir. tu sais, celui avec zach braft, the last kiss ca s’appelle. Le mec ne fait que des conneries. Et là, son père lui sort ” Ce que tu ressens ne compte que pour toi. L’important, c’est ce que tu fais à ceux que tu prétends aimer.” Et là, je me rends compte que finalement, si je veux parvenir à quelquechose dans la vie, ce serait bien que je donne à ceux que je prétends aimer.que j’ai des responsabilités et des devoirs envers les gens que j’aime et qu’à continuer à me regarder le nombril, ben tout foutra le camps. Enfin, je suis la comme une con alors que j’ai des courriers à ouvrir.
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un peu abrupte ma chute après ces deux lettres. Ai d’abord lue celle du 23 et non aucun ressentiment envers toi. Tu as tout à fait cerné. Comment peut-on me connaitre à ce point?! A une chose près : ce n’est pas le regard des autres qui m’étouffait, c’est mon reflet dans leurs yeux,. Je sais pas si j’exprime bien la nuance. Oui tu as bien exprimé le cheminement du pourquoi et du comment de ce voyage. une acceptation de soi pour soi. quant à la seconde lettre, pas plus de commentaires. serait-il plus facile de la jouer fataliste/realiste/bidultiste et de dire that’s it. je m’en doutais. C’est la vie.
Je t’envie et je t’en veux. Je t’envie ces etreintes, ces moments à deux. personnellement, je suis incapable avec quiconque…Je t’en veux pour les memes choses. surement de l’amour propre, que serait-ce d’autre?
Et puis apres tout c’est dans l’ordre des choses, c’st humain, apres tout le temps file, apres tout (esquisse d’un sourire).
Le cahier, la lettre, cette lettre ne sont que des mots, que des trucs inscrits à un moment T.
La pensée que j’y exprime est faussée par des tas de choses. A mes yeux d’ailleurs, ce que j’ai pu écrire de plus accompli sur les 3 courriers que tu as reçus est le courrier de ce soir. Parfois, dans les autres, je me suis forcée, forcée d’écrire quelque chose, forcée d’étaler sur parpier des idées que je n’arrive pas à former clairement, des brèves de tout et de rien, .du blanc et du noir en meme temps. Je te l’ai dit : les fois ou les mots venaient d’eux memes je n’avais ni papier ni crayon pour poser ces pensées et tu n’as eu que du flou, à mes yeux…
Et puis j’en ai assez, assez effectivement, de rêver ma vie plutot que de la vivre de me perdre en prospection, de n e pas reussir à définir ce que j’ai déjà sur le coeur, dans le coeur avant tout. Mon choix serait raisonné ou désiré?! Aucune idée. Aujourd’hui aucune idée. Tu es en ce moment ailleurs pour moi, impalpable. Loin de moi l’idée de reproche,ou quoique ce soir. C’est ce qu’il en est c’est tout. Quant à analyser à la high fidelity, j’ai pas bien saisi ce que tu disais que Nathalie t’a livré, je m’en fous. Tu es ce que tu es aujourd’hui. Effectivement, les histoires passées construisent celles d’aujourd’hui mais j’ai pas l’intention de prendre le laius “les memes histoires qui se répètent” ou ” on choisit toujours les memes relation ” pour argent comptant. Je m’en fous. Et je veux surtout pas y croire d’abord parce que je serais emmerdée et puis aussi parce que tu l’as dit toi meme, on en a assez discuté. La normalité des couples, des familles, des relations tout ca c’est du vent, une belle lobotomisation. Perso je voudrais me construire mon environnement que je partagerais (ou pas si ca ne se passe pas), mes petits bonheurs, mes ouvertures, mes faiblesses et ces forces…
Concernant notre relation, je regrette ce qu’il s’est passé non pas parce que ça s’est passé mais de la façon dont cela s’est déroulé. J’ai toujours des tendances à la mise en scène théâtrale à grand fracas. La prise au dépourvu, les surprises me font peut car je ne les maîtrise pas mais pourtant c’est dans ces moment-là que je devrais être moi non? Est-ce que ça m’effraie?
Un ami icite m’a dit récemment que les gens ne sont pas assez sincères, assez francs et qu’ils s’exprimaient entre eux ça réduirait bien de quiproquos et des tournages autour du pot. Il lui a fallu un mois pour me faire des avances à peu près claires. Quel paradoxe, non?
Et nous alors? Après ce qu’on a “traversé”, ne devrait-on pas arrêter de prendre des pincettes, tourner autour du pot, que sais-je?
Désolée j’émet juste des idées. Je ne me savais pas un ton si aggressif pour ce soir…
Quant à ta nuance concernant les pensées que je peux avoir à ton propos, je dirais :
- A personne n’est fait pour personne, à part pour toi (et encore), s’il le veut bien
- B je n’arrive pas à me lâcher tou cours (envers ou pas envers toi)
- C Je t’aime. Cet amour change, évolue, fluctue mais est là
- D Le désir c’est du vent, des mots, des odeurs, une sensation, un papillon
- E j’ai pas envie de lucidité, pas envie d’ouvrir les yeux : je suis trop positiviste sur le monde ces temps-ci….
Finalement, je suis dans la contradiction puisque tu dis que je me projette avec toi alors que dix lignes plus en arrière je parle d’arrêter la prospective… Les projections font partie de ma partie rêve, au même titre que le carnet moleskine noir ou que mon “décrochage” au réel ou même ces “mises en scène théâtrale”.
S’aimer ca doit être joyeux. ouais autant que ca reste le mot de la fin pour ce soir…
Je ne me relirais pas. Je crois que j’ai été un peu sèche. M’en veut pas. C’et envers moi que je suis rude, envers ces incertitudes sur la vie, sur moi, sur mon nombril…
gnarf
Ju