LUI pour ELLE
XX
Tu as très bien fait de m’envoyer ce mail m’annonçant l’arrivée de ce carnet en me détaillant le pourquoi de ce retard et tes excuses à ce sujet. Je t’avoue que sans cela, je n’aurais sans doute pas ouvert ton courrier et te l’aurais renvoyé avec un mot du genre : “c’est bon, j’ai compris. Après tout ce temps, ce n’est plus la peine. Mais t’inkiète, toi et moi on en a vu d’autres. C’est pas pour ça qu’on est plus amis. Sans rancune!!”
Il ne faut pas m’en vouloir. Il faut comprendre qu’à tes difficultés à écrire ce que tu ressens, j’ai à opposer des cyber-cafés aysé pour rien en Espagne ou ailleurs, et une déception quotidienne en regardant le courrier du jour. Je m’étais résigné. Quoi de pire?
En ce qui me concerne, et comme à mon habitude, je vais encore une fois tenter d’être plus spontané et de l’écrire tout de suite. Même si plus de temps et de recul aboutiraient certainement à un résultat nettement meilleur sur le contenu et surtout sur la forme.
Tu reviens beaucoup sur ce fameux jour de Juin et effectivement, je pense que c’est nécessaire. Evidemment, lorsque ta carte était arrivée à cette date “anniversaire”, cela a contribué à me pousser à técrire ce que je t’ai écrit. Je ressasse souvent ce jour ou, droit dans les yeux, tu m’avais dit ce que je savais déjà : “que c’était plus important pour moi que pour toi”. C’est pour cela que ce qu’il s’est passé après la Place des Grands hommes était sûrement la meilleure chose à faire C’était trop prématuré, notre relation n’était pas encore assez mûre. Du moins, c’est ce qu’il faut mieux se dire, ne crois-tu pas?
Reste ce drôle de RDV à moitié manqué. Des souvenirs assez vagues de ta peau à peine dévoilée. Ce désir de toi qui ne m’a pas quitté mais qui, je le sais, est loin d’être réciproque.
Assez bizarrement, je rapproche cela de la dernière nuit que nous avons passée ensemble, ta dernière nuit à Paris, chez moi. Dans le noir, en contrebas, m’avait pris le désir de te rejoindre, de te serrer contre moi. Je devinais déjà que tu me manquerais…
Pour ce qui est des sentiments que tu as pour moi, tu te charges en te prenant pour une “inadaptée de l’amour et du reste”. En ce qui me concerne, je ne sais pas trop si le problème ne vient pas de moi également.
Après la nôtre, mes deux plus belles histoires d’amour se sont terminées exactement de la même manière.
N. et F. me trouvent génial, m’aiment toujours mais elles m’ont quitté pour de vrais connards moins bien que moi mais elles ne savent pas expliquer pourquoi. Il y a un “hic”, comme tu dis, inexpliquable chez moi. Trop doué pour l’amitié, je le paie en amour?
Je suis plus qu’un ami et un peu moins qu’un petit ami sérieux?
Ou bien je ne réalise pas les espérances que l’on place en moi et l’on préfère me garder dans une part d’imaginaire ou l’on peut revenir sereinement à ce que j’avais éveillé chez l’autre? C’est peut-être bien ça. C’est peut-être bien pour ça que tu tombes amoureuse de moi quand je ne suis pas là. Tu tombes amoureuse de ce moi sublimé que je ne suis forcément pas en réalité.
Tu vois donc bien qu’il y a aussi quelquechose qui doit clocher chez moi.
Mais, pour en revenir à ton carnet, j’ai l’imprssion que tu n’es pas satisfaite de notre relatin. La lecture de tes pages laisse vraiment le sentiment que tu la trouves foireuse.
Alors que pour moi, j’ai plutôt envie de me dire qu’elle est géniale. Lorsque tu vois tout ce par quoi on est passé et qu’on en est toujours ressortis avec la certitude que, d’une manière ou d’une autre, on arrivait pas à se passer l’un de l’autre, je trouve ça fort.
Bien spur, il devient difficile de la décrire, la définir. Mais, quand on y pense, n’est-ce pas se monter le bourrichon pour pas grand chose? Tous les deux, on est ce qu’on est, ensemble, même si c’est pas comme tout le monde! On peut se le permettre.
Tu exprimes très bien le fait que tu regardes ta vie comme dans un film en dehors du réel. Et je trouve que je partage cela avec toi.
Mais notre histoire est un film! Pour le titre, je propose “petite histoire d’amour entre amis”, qu’en penses-tu?
J’ai souvent l’impression d’être un “touriste” qui regarde les autres vivre, c’est sûrement ça que tu as voulu exprimer.
Quant à nous, tu donnes l’impression de vouloir que ça se fasse mais d’hésiter à mort.
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Soit tu te dis qu’il faut que l’on soit ensemble parce que sinon tu vas me perdre. Que peut-être que “Ca” viendra. Je me suis longtemps dit que le carnet “Chabada” que tu m’avais écrit était le reflet de ce que tu désirais vivre avec un homme… Mais pas forcément moi en particulier, qu’il ne m’était en fait pas adressé directement. Mais que tu réalisais que c’était possible avec moi ; et que c’était ça qui te faisait hésiter parfois, lorsque tu crois me perdre. Je reviens à ma théorie de l’homme-partiel.
Je suis alors un choix de raison.
Mais qui sait? La raison débouche parfois sur de belles histoires… -
Soit tu as envie de moi. Et ce qui te fait hésiter, c’est que tu ne peux rien me promettre sur le succès de notre union. Tu as peur de me faire encore souffrir. De te faire souffrir. De vivre un échec. Mais, comme je te l’ai déjà écrit, cela ne doit pas fonctionner ainsi. Trop de prise de tête sur des conjonctures qui terminent l’histoire avant même de l’avoir démarrée. Tu as envie de moi, tu me prends, c’est tout. C’est aussi simple que ça. Toi et moi on sait désormais que ça ne changera de toute manière pas grand chose à notre relation.
Je suis alors un choix de coeur.
Quoiqu’il en soit, je pense vraiment être ton compagnon. Et quand tu évoques ton désir de partenaire, est-ce pour toi la même notion?
J’aimerais aussi que tu me développes ce que tu appelles mon côté “Jauffrey-Jardin” avec les autres.
Ecris-moi vite.
Merci de m’avoir écrit que j’étais “l’homme de ta vie”, même si tu n’as pas envie de “croquer ma bouche”, cela me fait chaud au coeur.
Je te laisse, je ferais peut-être un complément dan sles jours qui viennent après relecture du carnet.
Je t’aime à ma manière et toi de la tienne, alors… Je t’aime (j’ai le droit, non?!)
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